Le rapport de durabilité : enjeux et obligations réglementaires
La directive CSRD : ce qui change pour les entreprises
La directive CSRD, adoptée par l’Union européenne en 2022, marque une rupture nette avec l’ancienne directive NFRD. Là où cette dernière concernait environ 11 000 entreprises, la CSRD étend le périmètre à près de 50 000 entreprises européennes. Selon la Commission européenne, l’objectif est clair : améliorer la qualité, la comparabilité et la fiabilité des informations de durabilité publiées par les entreprises.
Concrètement, la CSRD et l'ESG de façon plus générale impose :
- un cadre de reporting standardisé via les ESRS (European Sustainability Reporting Standards),
- une double matérialité obligatoire (impacts de l’entreprise sur la société et l’environnement, mais aussi risques financiers liés aux enjeux ESG),
- une auditabilité renforcée des données publiées,
- une intégration du rapport de durabilité dans le rapport de gestion.
La réalisation du rapport de durabilité devient ainsi un exercice structurant, transversal et stratégique. Il ne s’agit plus d’un document de communication, mais d’un véritable outil de pilotage de la performance globale.
Les standards ESRS : un cadre complexe mais structurant
Les ESRS constituent le socle technique de la CSRD. Ils couvrent l’ensemble des piliers ESG :
- Environnement (climat, pollution, eau, biodiversité, ressources),
- Social (salariés, chaîne de valeur, territoires, consommateurs),
- Gouvernance (éthique, contrôle interne, gestion des risques).
Chaque standard impose des exigences précises en matière d’indicateurs, de politiques, d’objectifs et de plans d’action. La réalisation d’un rapport ESG conforme aux ESRS nécessite donc :
- une collecte de données multi-sources,
- une forte coordination interne,
- une documentation rigoureuse des méthodes,
- une capacité à démontrer la cohérence entre stratégie, actions et résultats.
Cette complexité explique pourquoi beaucoup d’entreprises envisagent l’externalisation comme une solution rassurante. Mais elle souligne aussi pourquoi la maîtrise interne devient un enjeu clé.
Les risques de non-conformité
Le non-respect des exigences CSRD expose les entreprises à plusieurs risques :
- Risque réglementaire, avec des sanctions potentielles définies au niveau national,
- Risque réputationnel, en cas de reporting jugé incomplet ou peu crédible,
- Risque opérationnel, lié à des processus de collecte inefficaces,
- Risque stratégique, si les données ESG ne sont pas exploitables pour piloter la performance.
Selon Baker Tilly, la préparation à l’audit CSRD nécessite une anticipation forte des processus, de la gouvernance et des outils de reporting. Ces risques interrogent directement le mode d’organisation choisi pour la réalisation du rapport de durabilité.
Externaliser la réalisation de son rapport de durabilité : avantages et limites
Les cabinets de conseil : expertise externe et accompagnement stratégique
Externaliser la réalisation de son rapport de durabilité consiste à confier tout ou partie du processus à un prestataire externe : cabinet de conseil RSE, cabinet d’audit, ou expert ESG indépendant. Cette approche présente des avantages indéniables, en particulier dans les premières phases de mise en conformité CSRD.
Parmi les bénéfices fréquemment cités :
- Accès immédiat à une expertise pointue, notamment sur les ESRS et la double matérialité,
- Gain de temps apparent pour les équipes internes, souvent déjà sollicitées,
- Effet de crédibilité externe, notamment vis-à-vis des auditeurs et parties prenantes,
- Vision benchmarkée, issue de l’expérience multi-clients des cabinets.
Selon Footbridge Impact, de nombreuses entreprises ont historiquement choisi cette voie pour structurer leur démarche RSE et sécuriser leurs premiers livrables.
Sur le plan financier, les coûts varient fortement selon le périmètre et la taille de l’entreprise. Certaines études sectorielles évoquent des fourchettes allant de plusieurs dizaines de milliers d’euros à plus de 150 000 € pour un accompagnement CSRD complet, selon la complexité et le niveau d’externalisation (sources cabinets et retours terrain).
Les limites de l’externalisation
Malgré ses atouts, l’externalisation du rapport de durabilité présente des limites structurelles, souvent sous-estimées à court terme mais très visibles sur 3 à 5 ans.
1. Une dépendance récurrente
Chaque exercice de reporting nécessite de relancer un accompagnement externe, avec des coûts récurrents et une dépendance forte aux consultants.
2. Une perte de connaissance interne
Les méthodologies, arbitrages et raisonnements restent souvent entre les mains du prestataire. L’entreprise peine alors à capitaliser sur l’expérience acquise.
3. Des coûts cumulés significatifs
Sur plusieurs années, l’externalisation continue représente un investissement bien supérieur à une montée en compétence interne outillée.
4. Un manque d’agilité
Toute évolution réglementaire, stratégique ou organisationnelle nécessite un nouvel arbitrage externe, ralentissant les cycles de décision.
Selon Sustainable Switzerland, l’externalisation peut freiner l’appropriation interne des enjeux de durabilité, pourtant essentielle à une transformation réelle.
Quand l’externalisation peut avoir du sens
Il serait réducteur de rejeter totalement l’externalisation. Dans certains contextes, elle reste pertinente :
- Première année de mise en conformité CSRD, pour cadrer la démarche,
- Très petites structures, sans ressources internes dédiées,
- Besoins ponctuels, comme une analyse de double matérialité ou un audit à blanc.
L’enjeu n’est donc pas de choisir contre l’externalisation, mais de comprendre ses limites lorsqu’elle devient la norme plutôt qu’un levier transitoire.
Internaliser son rapport ESG : vers l’autonomie stratégique
Face aux limites structurelles de l’externalisation, de plus en plus d’organisations envisagent une autre voie : internaliser la réalisation de leur rapport de durabilité. Cette approche ne consiste pas simplement à « faire soi-même », mais à intégrer le reporting ESG comme un processus stratégique interne, au même titre que la finance ou le contrôle de gestion.
Les bénéfices de l’internalisation
1. Maîtrise du processus et des données
Internaliser le rapport de durabilité permet avant tout de reprendre le contrôle sur les données ESG. Dans un contexte CSRD, cette maîtrise devient critique. Les indicateurs environnementaux, sociaux et de gouvernance ne sont plus des chiffres isolés : ils sont interconnectés avec les opérations, la stratégie, les risques et la performance financière.
En internalisant :
- les données sont collectées au plus près des sources,
- les hypothèses méthodologiques sont documentées et comprises,
- la traçabilité est renforcée, facilitant les audits.
Cette maîtrise réduit significativement le risque de non-conformité et améliore la qualité du rapport ESG sur le long terme.
2. Développement de compétences internes durables
L’un des bénéfices majeurs de l’internalisation est la montée en compétence des équipes. À mesure que les collaborateurs s’approprient les standards ESRS, la double matérialité ou la logique de chaîne de valeur, la durabilité cesse d’être un sujet périphérique pour devenir un levier de pilotage.
Cette capitalisation interne permet :
- une meilleure transversalité entre RSE, finance, achats, RH et opérations,
- une capacité accrue à répondre aux sollicitations des parties prenantes,
- une intégration plus fine des enjeux ESG dans la stratégie globale.
3. Économies substantielles à moyen terme
Si l’internalisation peut sembler coûteuse au départ (temps, formation, structuration), elle devient économiquement avantageuse sur un horizon de 3 à 5 ans. Contrairement à l’externalisation, les coûts ne se répètent pas à l’identique chaque année.
Les investissements initiaux se transforment en :
- baisse des honoraires de conseil,
- réduction des allers-retours avec des prestataires,
- meilleure efficacité opérationnelle.
4. Agilité et amélioration continue
Enfin, internaliser la réalisation du rapport de durabilité offre une agilité précieuse. Les équipes peuvent ajuster les indicateurs, enrichir les analyses et faire évoluer le reporting au fil de l’eau, sans dépendre de plannings ou de budgets externes.
Cette agilité est essentielle dans un cadre réglementaire encore évolutif, où les ESRS eux-mêmes sont appelés à s’affiner.
Les défis de l’internalisation traditionnelle
Malgré ses nombreux avantages, l’internalisation « brute » du rapport ESG n’est pas exempte de difficultés. Les ignorer reviendrait à sous-estimer la complexité réelle de l’exercice.
1. Une courbe d’apprentissage exigeante
Les standards ESRS sont techniques, détaillés et parfois complexes à interpréter. Sans accompagnement ni outillage, les équipes internes peuvent rapidement se retrouver en difficulté, notamment sur :
- la double matérialité,
- la cohérence entre indicateurs et narratif,
- la structuration du rapport selon les exigences CSRD.
2. Un investissement en temps et ressources
Internaliser signifie mobiliser des ressources internes sur la durée. Or, les responsables RSE ou ESG sont souvent déjà sollicités sur de nombreux sujets opérationnels. Sans solution adaptée, le risque est réel de transformer le reporting en charge administrative lourde.
3. Des risques méthodologiques
Sans cadre structurant, l’internalisation peut conduire à :
- des erreurs d’interprétation des ESRS,
- des indicateurs incomplets ou mal documentés,
- une difficulté à répondre aux exigences d’audit.
Ces risques expliquent pourquoi certaines entreprises hésitent à franchir le pas de l’autonomie, malgré une volonté claire de reprendre la main.
La solution hybride : s’équiper d’une plateforme comme Regensy
C’est précisément pour dépasser cette opposition binaire (externaliser ou internaliser) qu’émerge une troisième voie : l’autonomie outillée. Elle consiste à internaliser la réalisation du rapport de durabilité, tout en s’appuyant sur une plateforme SaaS conçue pour structurer, sécuriser et accélérer le processus.
Comment Regensy rend autonome sans sacrifier l’expertise ?
Développée par Symalean, Regensy a été pensée comme un outil de pilotage du reporting CSRD, et non comme un simple logiciel de collecte de données.
Ses principes clés reposent sur :
1. L’automatisation intelligente de la collecte de données
Regensy centralise les données ESG issues de multiples sources internes, réduisant :
- les fichiers Excel dispersés,
- les risques d’erreurs manuelles,
- la perte d’information entre services.
Cette automatisation libère du temps pour l’analyse et la prise de décision.
2. Une conformité ESRS intégrée
La plateforme intègre nativement les exigences des ESRS :
- structuration des indicateurs,
- logique de double matérialité,
- alignement avec les obligations CSRD.
L’entreprise n’a plus à « traduire » la réglementation : elle est guidée pas à pas dans la réalisation du rapport de durabilité.
3. Accompagnement et montée en compétence
Contrairement à une externalisation classique, l’accompagnement associé à Regensy vise l’autonomie progressive des équipes. Formation, bonnes pratiques et support expert permettent de sécuriser les premiers exercices tout en développant les compétences internes.
4. Une alternative économique à long terme
Sans avancer de chiffres non sourcés, de nombreux retours terrain montrent qu’une solution de pilotage RSE permet de réduire significativement les coûts cumulés par rapport à une externalisation annuelle complète, tout en améliorant la qualité du rapport ESG.
Retours d’expérience et cas pratiques
Les entreprises qui choisissent cette voie hybride partagent souvent des profils similaires :
- ETI et grandes PME soumises à la CSRD,
- équipes RSE restreintes mais engagées,
- volonté forte de structurer une démarche durable sur plusieurs années.
Les retours d’expérience mettent en avant :
- un temps de mise en œuvre maîtrisé,
- une meilleure appropriation des enjeux ESG,
- un ROI progressif, à la fois financier et organisationnel.
Les critères pour choisir sa solution de pilotage RSE
Avant de s’équiper, plusieurs critères doivent être analysés :
Checklist essentielle :
- conformité CSRD et ESRS intégrée,
- capacité de collecte multi-sources,
- traçabilité et auditabilité des données,
- accompagnement et support expert,
- évolutivité de la plateforme.
Questions clés à poser aux éditeurs :
- Comment la solution facilite-t-elle la montée en compétence interne ?
- Quel niveau d’autonomie après 2 ou 3 exercices ?
- Comment sont gérées les évolutions réglementaires ?
Dans cette grille de lecture, Regensy se positionne comme un outil conçu pour vous rendre autonome, et non comme un substitut à l’expertise interne.
Aide à la décision : externaliser, internaliser ou s’équiper ?
Tableau comparatif synthétique
Arbre de décision simplifié
- Première année CSRD sans ressources → Externalisation ponctuelle
- Vision long terme + ressources internes → Autonomie outillée
- Reporting récurrent et stratégique → Plateforme comme Regensy
Questions clés à se poser
- Souhaitez-vous dépendre durablement d’un prestataire ?
- Le rapport de durabilité est-il un outil stratégique ou un livrable réglementaire ?
- Vos équipes doivent-elles monter en compétence sur l’ESG ?
Conclusion
Le dilemme entre externaliser ou internaliser la réalisation du rapport de durabilité n’appelle pas de réponse unique. Mais une tendance claire se dessine : à l’ère de la CSRD, le reporting ESG devient un actif stratégique qui gagne à être maîtrisé en interne.
L’externalisation peut jouer un rôle de déclencheur ou de sécurisation initiale. Toutefois, sur le long terme, l’autonomie outillée apparaît comme la voie la plus équilibrée, combinant conformité réglementaire, maîtrise des coûts et montée en compétence.
Des solutions comme Regensy permettent précisément cette transition : reprendre la main sur son rapport ESG, sans sacrifier l’expertise ni la rigueur méthodologique.
👉 Découvrir Regensy gratuitement pendant 30 jours ou demander une démonstration, c’est engager son organisation vers une durabilité pilotée, maîtrisée et pleinement intégrée à la stratégie d’entreprise.
FAQ – Rapport de durabilité et CSRD
1. Faut-il obligatoirement internaliser son rapport de durabilité ?
Non. La CSRD n’impose pas le mode d’organisation, mais exige la conformité, la traçabilité et l’auditabilité.
2. Peut-on combiner cabinet de conseil et logiciel reporting RSE ?
Oui. Beaucoup d’entreprises utilisent un cabinet en amorçage, puis s’autonomisent avec un outil.
3. Un logiciel remplace-t-il un expert RSE ?
Non. Il structure et sécurise le travail, mais l’expertise reste humaine.
4. Combien de temps faut-il pour devenir autonome ?
Généralement 1 à 2 exercices avec un accompagnement adapté.
5. Le rapport ESG est-il amené à évoluer ?
Oui. Les ESRS et les attentes des parties prenantes évolueront, d’où l’importance d’une solution agile.


