Sinistralité 2024 : vers une baisse des accidents, mais une aggravation des maladies
Les statistiques de 2024 confirment une tendance amorcée en 2022 : le nombre de sinistres avec arrêt de travail ou incapacité permanente (IP) s'établit à 694 866 cas, soit une légère baisse globale de 0,3% par rapport à 2023.

Accidents du travail (AT) : une fréquence en recul
On observe une diminution de 1,1% des accidents du travail, avec un total de 549 614 sinistres réglés avec arrêt.
- Indice de fréquence : il s'établit à 26,4 pour 1 000 salariés.
- Mortalité : 764 décès ont été enregistrés en 2024 (+5 cas par rapport à 2023), les malaises restant la cause principale (plus de 50%).
- Causes majeures : a manutention manuelle reste le premier risque à l'origine des accidents (50%), suivie des chutes de plain-pied (15%) et des chutes de hauteur (12%).

Au-delà du nombre de sinistres, l'impact sur la continuité d'activité est massif. En 2024, les accidents du travail ont engendré plus de 54 millions de journées d'arrêt, soit l'équivalent de 228 970 temps pleins (ETP) perdus sur l'année.
Si l'indice de fréquence global est de 26,4, la branche note que 94% des déclarations aboutissent à une reconnaissance, soulignant une stabilisation des processus de gestion, mais une persistance du risque résiduel.
Ci-après une illustration provenant du rapport de l'Assurance Maladie, indiquant la performance (ou stagnation) des politiques de sécurité malgré la croissance des effectifs (20,8 millions de salariés). En effet, l’année 2024, comme les années 2022 et 2023, "ne retrouve pas un niveau de sinistralité d’avant-Covid-19mais poursuit la tendance observée depuis la crise sanitaire (illustration ci-après). Alors que, depuis 2021 les effectifs salariésaugmentent, les AT diminuent, avec en 2024 des effectifs salariés qui sont les plus élevés de la décennie alorsque les AT sont les moins nombreux".
Maladies Professionnelles (MP) : une hausse de 6,7%
Contrairement aux accidents, les maladies professionnelles retrouvent leur niveau d'avant-crise avec 50 598 cas reconnus (+6,7%).
- Troubles Musculosquelettiques (TMS) : ils représentent près de 90% des maladies professionnelles et progressent de 6,6%.
- Amiante : es pathologies liées à l'amiante augmentent de 8,5%.
- Risques Psychosociaux (RPS) : les affections psychiques hors tableau bondissent de 9%.
Les Troubles Musculosquelettiques (TMS) confirment leur statut de "mal du siècle" professionnel en représentant 89,4 % des maladies professionnelles reconnues. Parallèlement, le rapport souligne une résurgence des pathologies liées à l'amiante (+8,5% en un an) et une hausse continue des cancers hors amiante, rappelant que la prévention doit s'inscrire dans le temps long pour contrer les effets différés des expositions chimiques.
Avec 50 598 maladies professionnelles reconnues en 2024, les entreprises font face à un risque financier et humain croissant. La hausse de 6,6% des TMS démontre que les mesures de prévention classiques s'essoufflent. Pour contrer cette tendance, l'adoption d'un logiciel de suivi des expositions aux risques est cruciale. Il permet de digitaliser les fiches d'exposition aux risques chimiques ou ergonomiques, assurant une veille en temps réel et une réaction immédiate dès l'apparition des premiers signaux faibles.
Zoom sur les nouveaux enjeux : santé mentale et intérim
Le rapport 2024 met en lumière des secteurs et des pathologies qui nécessitent une vigilance accrue des responsables sécurité.
La montée en puissance du risque psychique

Le nombre de maladies professionnelles psychiques a doublé entre 2020 et 2024.
- Profils concernés : près de 50% des salariés reconnus en MP psychique sont des cadres ou des professions intellectuelles supérieures.
- Genre : deux tiers des demandes concernent des femmes.
- Accidents : les AT incluant une pathologie psychique ou un contexte de RPS ont augmenté de 14% en un an, atteignant 29 000 cas.
Précisions ces données démographiques. Le risque psychique ne touche plus seulement les secteurs opérationnels. En 2024, deux tiers des victimes de maladies psychiques reconnues sont des femmes, et plus de 50% ont plus de 50 ans.
Fait marquant pour les stratégies RH : près de la moitié des salariés reconnus pour une affection psychique occupent des postes de cadres ou de direction.
Les accidents du travail intégrant une dimension RPS représentent désormais 5% de la sinistralité totale, avec une hausse fulgurante de 14% en seulement 12 mois.
Nous venons de le voir, les affections psychiques représentent désormais plus de 5% de l'ensemble des accidents du travail. Ce chiffre souligne l'urgence de passer d'une gestion réactive à un pilotage préventif. Un module QHSE dédié à la santé mentale permet de centraliser les indicateurs de stress et de charge de travail, facilitant ainsi l'identification des secteurs à risque, comme l'hébergement médico-social qui concentre à lui seul 18,5% de ces accidents.
La sinistralité dans l'intérim
Le secteur de l'intérim reste une zone de vigilance majeure avec un indice de fréquence presque deux fois supérieur au niveau national, malgré une baisse du nombre total d'AT (sous les 40 000 cas). À noter que depuis le 1er janvier 2024, le coût des sinistres est désormais réparti à 50/50 entre l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice.
Impact sectoriel : quels métiers paient le plus lourd tribut ?
La sinistralité 2024 n'est pas répartie uniformément sur le territoire économique français. Certains secteurs concentrent une part disproportionnée des risques et, par extension, des coûts financiers.
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Le poids financier des Indemnités Journalières (IJ) par secteur
Le rapport 2024 révèle que la croissance fulgurante des indemnités journalières (4,9 Mds€) est portée par quelques secteurs pivots. Selon l'analyse des montants versés au titre des arrêts de travail :
- Les Travaux de construction spécialisés (NAF 43) occupent la première place, représentant à eux seuls plus de 10% du montant total des IJ versées en 2024.
- Le Commerce de détail (NAF 47) suit de près avec 8,4% du poids financier global.
- Les Transports terrestres (NAF 49) complètent ce trio avec 7,0% des montants d'IJ.
- Le Secteur Médico-social, en cumulant la santé humaine et l'action sociale, pèse pour un total massif de 15% de l'enveloppe nationale des IJ.
Focus sur les risques spécifiques : manutention et risques Psychosociaux
La nature des accidents varie fortement selon l'activité. Si la manutention manuelle reste la cause numéro un d'accidents (50 % des cas codés), elle est particulièrement dévastatrice dans le transport et la logistique.
À l'inverse, l'analyse des accidents liés aux risques psychosociaux (RPS) montre une concentration alarmante dans les services :
- Hébergement médico-social et social : 18,5 % des accidents liés à des affections psychiques.
- Transports terrestres : 10,2 % des cas.
- Commerce de détail : 7,6 % des cas.
Pourquoi une approche logicielle est-elle vitale pour ces secteurs ?
Face à ces chiffres, la gestion "manuelle" de la sécurité ne suffit plus. Pour un acteur du médico-social ou du commerce, la hausse de 14% des accidents psychiques en un an représente un risque de désorganisation majeure.
La démarche Symalean pour ces secteurs :
- Centralisation sectorielle : utiliser des indicateurs spécifiques (taux de fréquence par unité de travail) pour identifier si vos chiffres dépassent la moyenne de votre code NAF.
- Prévention ciblée des TMS : dans le secteur de la construction (10 % des IJ), le suivi digital des protocoles de manutention permet de réduire l'exposition et donc la durée des arrêts.
- Traçabilité des RPS : face à l'explosion des pathologies psychiques, un outil digital permet de documenter les mesures de prévention prises, protégeant ainsi l'employeur en cas de contentieux.
Données financières : des dépenses records pour les arrêts de travail
Pour la première fois dans l'histoire de la branche, les Indemnités Journalières (IJ) deviennent le premier poste de dépense, devant les incapacités permanentes.
- Montant des IJ : 4,9 milliards d'euros versés, soit une hausse de 10,8% en un an.
- Part des dépenses : les IJ représentent désormais 46% des dépenses de la branche, contre seulement 33% en 2014.
- Résultat financier : malgré un excédent de 686 millions d'euros, celui-ci est en forte baisse par rapport aux 1,35 milliard de 2023, en raison de la hausse des charges (+4,7%) et de la baisse des cotisations (-2,0%).
Il y a là un véritable enjeu économique pour l'entreprise. En effet, la structure financière de la branche AT/MP subit une mutation profonde. Pour la première fois, les indemnités journalières (4,9 Mds€) surpassent les dépenses liées aux rentes d'incapacité permanente (4,7 Mds€). Cette dérive des coûts (+10,8% pour les IJ) s'explique par l'allongement de la durée des arrêts. Pour les entreprises, cela se traduit par une pression accrue sur le taux de cotisation, malgré une baisse technique du taux net moyen à 1,87% en 2024.
Comment Symalean vous aide à transformer ces DATA en actions ?
La baisse du taux net moyen national (établi à 1,87% en 2024 contre 1,99% en 2023) ne doit pas masquer la hausse des coûts liés à l'absentéisme et aux maladies professionnelles.
L'augmentation des indemnités journalières de +10,8% prouve que la durée et la fréquence des arrêts pèsent lourdement sur la performance des entreprises. Pour devenir une autorité de référence et protéger vos salariés, le pilotage en temps réel via une solution digitale QHSE comme Symalean devient indispensable pour anticiper les RPS et réduire les TMS.


